Vie sous-marine

Alimentation

L’alimentation est principalement axée sur les produits de la mer. Algues, plancton, poissons et crustacés alimentent convenablement la population. Cependant, on peut trouver, dans certaines grandes cités, des cultures terrestres et même, beaucoup plus rarement, des élevages de certaines espèces animales. Ces espèces sont naturellement surprotégées. Il est de notoriété publique que l’Hégémonie dispose, dans sa capitale, d’élevages de poulets et de bœufs, ainsi que de cultures de blé. Le secret qui entoure ces techniques d’élevage et d’agriculture est total. Ces produits sont généralement réservés à l’élite et aux meilleurs restaurants d’Équinoxe. On raconte que plusieurs pirates seraient prêts à s’attaquer à des convois s’ils découvraient qu’ils transportent ce genre de nourriture.

Il existe également de la viande de bœuf synthétique qui, paraît-il, est délicieuse. On la trouve dans les grandes cités et au marché noir.

Architecture navale et sous-marine

Que ce soit pour la construction de navires ou de stations, les architectes du monde sous-marin ont une contrainte majeure : la pression. Ainsi, les formes de toutes les constructions sous-marines ont tendance à être sphériques ou cylindriques. Il est bien entendu possible « d’habiller » ces cylindres et ces sphères avec des carénages ayant d’autres formes. Par contre la zone entre la sphère ou le cylindre et le carénage doit être une zone « pleine » d’un matériau incompressible.

Par exemple, un entrepôt de stockage carré est généralement une sphère qui a été « habillée » avec une structure carrée. Dans les zones « vides » séparant la sphère de la structure carrée (les angles) on va couler du béton, par exemple.

De nombreux engins et structures ont des formes rectangulaires, triangulaires ou carrées. Pour la plupart, la structure interne est, en fait, composée de cylindres et de sphères. Mais même dans ce cas, on évite les arrêtes et les angles. On va donc les assouplir et les arrondir.

Coût de la vie

Le coût de la vie, et notamment celui des services, est assez élevé eux aussi quand on estime le prix d’un produit en sols. Cependant, il ne faut pas oublier que la base du commerce, en ce qui concerne la population, est le troc. Ainsi, un ouvrier ayant un salaire moyen de 6 000 sols par mois dispose toujours de matériel à échanger, qui augmente considérablement son pouvoir d’achat. Il n’est pas rare que des pilotes demandent à un électronicien de réparer les circuits de leur appareil contre du matériel. Ils n’auront pas, dans ce cas, à payer les 2 000 sols par jour de travail. En règle générale, tous les produits communs sont accessibles par le troc. Le matériel un peu plus sophistiqué, comme les intrasondes médicales, doit, par contre, être payé en monnaie sonnante et trébuchante, sauf si on l’acquiert au marché noir.

Les coûts d’entretien des stations sont assez élevés eux aussi et de nombreuses communautés n’arrivent pas à joindre les deux bouts. Cela explique que les petites installations sont souvent dans un état de délabrement avancé !

Dans le monde sous-marin, ce n’est pas l’argent qui manque le plus mais les produits à acheter. Il ne s’agit pas d’une société de grande consommation, où il suffit juste de payer pour obtenir ce que l’on veut. Dans l’univers de Polaris, il faut tout d’abord trouver le produit. C’est pour cette raison que le troc est privilégié par la majorité de la population. On ne jette rien dans les stations. Tout est recyclé, échangé ou conservé. Huit millions de sols ne servent à rien si votre recycleur d’air tombe en panne.

Confinement
Sous l’eau, l’espace vital vaut de l’or. Toutes les installations sont étroites, basses de plafond et encombrées de tuyauteries apparentes. À l’exception de quelques grandes cités, la place allouée à chacun est limitée. Seules les personnes les plus riches ou les plus respectées peuvent espérer disposer de quartiers privés de plus de 16 m². Généralement, dans les cités, la grande majorité de la population ne dispose pas d’espace privé. Les gens dorment dans des dortoirs publics ou, s’ils en ont les moyens, s’offrent le luxe d’hôtels où ils peuvent espérer louer des chambres très étroites. Ceci est vrai pour la plupart des villes ; dans les stations, on peut bénéficier paradoxalement d’un peu plus d’espace. Il arrive fréquemment que les gens disposant d’appareils de transport sous-marin ou d’autres véhicules dorment dans leur engin qui peut apparaître infiniment plus confortable. On a même pu voir certains dormir dans leur armure de plongée.

Une chose est sûre, dans l’univers sous-marin, il vaut mieux ne pas être claustrophobe. Si l’on prend l’exemple d’Équinoxe, qui est certainement l’une des plus grandes cités jamais construites sous la mer, il est inutile de chercher le moindre endroit un peu calme (sauf dans les bas-fonds). Les rues de la ville sont constamment bondées, les bars ne disposent pas d’assez de place pour que l’on puisse s’y asseoir. L’intimité et le calme sont réservés aux nantis et aux trafiquants en tous genres qui peuvent disposer de salles isolées pour négocier leurs contrats. Le reste de la population se débrouille comme elle peut.

Enfin, il faut bien se souvenir que la plupart des installations ont été conçues pour des gens de taille moyenne. Ceux qui sont très corpulents ou de très grande taille sont gênés en permanence.

Communautés

Il existe des milliers de communautés au fond des océans. La plupart sont toutes petites et n’abritent que quelques dizaines d’âmes. Beaucoup restent inconnues, n’ayant aucun contact avec la civilisation. Outre les communautés isolées, qui désirent le rester ou qui ne savent pas qu’il existe des nations, de grandes cités et d’autres installations, on sait que la population de nombreuses stations est terrifiée à l’idée que quiconque découvre les coordonnées de leur base. Quand cela est nécessaire, ces communautés envoient donc des agents dans les grands ports sous-marins qui se gardent bien de révéler d’où ils viennent.

L’Organisation des États Sous-Marins (O.E.S.M.) a tenté à plusieurs reprises d’établir un recensement précis des communautés sous-marines mais n’y est jamais parvenu. L’océan est immense et les moyens de recherche très limités.

Déplacements et voyages
Pour voyager dans différents endroits d’une importante station ou d’une ville, les gens choisissent fréquemment la voie maritime. La population a accès à de nombreux services de location de véhicules, comme des petits engins de transport, des scooters, des propulseurs individuels ou des jeeps sous-marines. Beaucoup ont leur propre véhicule. La grande majorité des adultes sont équipés d’une combinaison personnelle très légère, leur permettant de se déplacer sous l’eau.

Pour voyager de communauté en communauté, il y a différents moyens. Soit on possède son propre véhicule avec suffisamment d’autonomie en oxygène, soit on emprunte les lignes commerciales régulières, soit, dans le cas de l’Hégémonie, on peut aller dans certaines stations grâce aux tunnels sous-marins.

Le voyage sous les mers est une entreprise hasardeuse et longue. Les gens se déplacent donc peu. Quand ils le font, c’est pour se rendre à Équinoxe ou dans une autre grande cité, vendre et acheter des marchandises ou prendre quelques jours de repos. On visite aussi fréquemment les communautés voisines. Stations et cités ont une obligation d’accueil envers un voyageur. Il est considéré comme criminel de refuser d’accueillir un navire étranger si celui-ci réclame l’assistance d’une communauté. Par contre, on peut très bien se contenter de permettre à un bâtiment d’accoster sans pour autant autoriser son équipage à débarquer.

Quand ils arrivent dans une communauté, les voyageurs sont soumis à une série de tests médicaux pour vérifier leur état de santé. Les armes sont fréquemment interdites dans les stations.

Les voyages touristiques sont assez onéreux, réservés à l’élite et aux gens riches. C’est l’affaire des compagnies touristiques qui disposent d’énormes moyens pour déployer de gigantesques bâtiments armés. Une compagnie touristique est souvent une branche d’une compagnie d’armement importante.

Enfants
Les enfants sont extrêmement protégés. Inutile d’essayer d’en voir de moins de 12 ans dans les plus grandes cités. Dès leur naissance, ils sont placés dans des centres éducatifs et de conditionnement. À l’âge de la puberté, s’ils sont déclarés féconds, ils sont dirigés vers les centres de repeuplement. Les femmes subiront un triste sort et les hommes deviendront de véritables banques de fertilisation. Ils bénéficient d’une plus grande liberté que les femmes, mais sont surveillés et protégés constamment. On leur interdit de quitter leur station, de pratiquer un métier à haut risque et, naturellement, de s’engager dans l’armée. Souvent, un homme est célèbre pour le nombre de “portées” qu’il a engendrées. Un individu fertile vaut de l’or. Les enfants sont donc gardés jalousement. Tant qu’ils n’ont pas atteint l’âge de la puberté, il est impossible de dire si, oui ou non, ils seront féconds. C’est pour cette raison que jusqu’à cet âge, que l’on considère comme l’âge adulte, tous les enfants sont traités de la même manière.

Il est à noter qu’au sein de la Ligue Rouge, les enfants sont véritablement adulés et bénéficient des meilleurs installations et services. Dans certaines petites communautés, il est encore possible de voir des enfants jouer dans les couloirs de la base. Ce genre de choses est plutôt rare mais extrêmement réconfortant.

Les enfants sont également soumis à d’innombrables tests pour déterminer quelles sont leurs capacités. Toutes les nations et les communautés espèrent découvrir un jour parmi eux, un génie qui saura trouver le remède aux maux qui ravagent l’humanité.

Eau potable
L’eau est rationnée car c’est une denrée rare. Les citoyens permanents d’une station ou d’une ville ont droit à 1 litre d’eau « pure » par jour et par personne en présentant leur I.D. (Identification) au service de distribution des eaux. Cette eau pure est à peine meilleure que l’eau recyclée mais elle a le mérite d’être potable et pleine d’agents antibactériens. L’eau des canalisations qui alimentent les douches publiques, par exemple, est spécialement traitée pour lutter activement contre les infections : ELLE N’EST PAS POTABLE. Le malheureux qui s’en désaltérerait risquerait très rapidement d’avoir de sérieux problèmes d’estomac.

De nombreuses communautés exploitent également des sources naturelles d’eau douce jaillissant au fond de la mer ou le long des côtes à faible profondeur. Ces « champs d’eau douce » sont particulièrement reconnaissables par les grandes « montgolfières » aquatiques qui flottent au-dessus des sources, afin de recueillir l’eau douce (cette dernière étant plus légère que l’eau de mer). On voit également apparaître de véritables convois d’eau douce tractés dans d’énormes nasses transparentes. Cette eau est vendue aux communautés les plus démunies. Les sources d’eau douce sont généralement situées à faible profondeur près de grandes formations rocheuses.

Certaines communautés proches des terres de la surface utilisent aussi d’énormes systèmes de récupération de l’eau de pluie. Celleci, bien que contaminée, est naturellement filtrée par la roche avant d’être récupérée dans d’énormes cuves. Là, ces eaux seront traitées avant d’être acheminées vers les stations par des pipelines.

Effet Polaris
L’Effet Polaris est une étrange force omniprésente dans le monde sous-marin. Personne ne connaît exactement sa nature ni sa fonction dans l’écosystème terrestre. Quoi qu’il en soit, il est sûr que c’est cette puissance qui a préservé les fonds marins de l’anéantissement subi par l’écosystème terrestre. À l’origine de nombreuses merveilles dans les fonds marins, le Flux Polaris se déchaîne quand même de temps à autre. Lors de ces tempêtes, l’homme est soumis, impuissant, à l’incroyable puissance de l’Effet Polaris. Heureusement, ces débordements sont rares et frappent généralement des secteurs déserts.

Le Culte du Trident est issu de cette Force et a prouvé à maintes reprises qu’elle pouvait être utilisée par des êtres vivants, consciemment ou inconsciemment. Certains individus (moins d’un sur cent mille) et de nombreux mammifères marins possèdent le don d’utiliser l’Effet Polaris, mais, pour la plupart, ils ne le maîtrisent pas. Bien qu’il soit très rare qu’un individu déclenche l’Effet Polaris inconsciemment, les conséquences d’un tel acte sont généralement dévastatrices pour l’individu et pour tout ce qui l’entoure. C’est pour cette raison que le Culte du Trident a établi un programme permettant à ces gens d’apprendre à la contrôler.

Famille
Il est assez délicat de parler de famille dans l’univers des abysses. Les gens n’ont plus du tout la notion de foyer et, la stérilité aidant, les enfants ne viennent plus cimenter les relations entre un homme et une femme. En conséquence, on ne trouve presque plus de véritables structures familiales. Cependant, de petites communautés indépendantes ont pu conserver cette notion et, selon certaines rumeurs, il existerait même certaines cérémonies unissant deux êtres pour la vie. Cette étonnante coutume n’est pratiquée que sur des stations extrêmement isolées.

Malgré tout, de nombreuses personnes se reconnaissent des liens de parenté. On peut encore parler de frères, de sœurs, de père ou de mère. Cela dépend essentiellement des conditions dans lesquelles est né un individu. Dans certains Etats, les gens s’identifient aux membres d’une même “portée”. Si l’on prend l’exemple des instituts de reproduction en Hégémonie, toute personne peut reconnaître un de ses frères ou une de ses sœurs par le numéro de sa portée et par le nom du centre où il est né. Dans d’autres Etats, les gens se reconnaissent plusieurs pères et peuvent même connaître l’identité de leur mère. Encore une fois, c’est dans les plus petites communautés qu’un individu peut le plus facilement identifier les membres de sa famille.

En règle générale, les individus sont désignés par un seul nom ou un nom suivi d’un qualificatif.

Femmes
Le rôle de la femme dans une communauté dépend entièrement de sa fécondité. Une femme capable de se reproduire est condamnée à une triste existence. Dans les plus grandes communautés, elle passera une grande partie de sa vie en zone d’incubation et son rôle se bornera à mettre au monde des enfants. Les techniques utilisées pour augmenter le nombre d’enfants que peut concevoir une même femme en une seule fois détériorent rapidement l’organisme humain. Généralement, quand une femme n’est plus apte à la reproduction, son corps est atrocement déformé et il ne lui reste plus longtemps à vivre. C’est pour cette raison que nombreuses sont celles qui choisissent de fuir et de cacher leur fécondité. Les centres de reproduction sont ainsi de véritables prisons d’où il est très difficile de s’échapper.

Il faut remarquer que lorsque un enfant est déclaré fécond, il est rare qu’il échappe aux services de repeuplement et ce, quels que soient ses appuis financiers et politiques.

Habillement
L’habillement est avant tout fonctionnel. Généralement, une tenue est sobre et reflète la profession de celui qui la porte. Il existe bien entendu des différences liées à la nationalité mais elles ne sont pas vraiment flagrantes. Par contre, les classes dominantes aiment porter des vêtements de luxe. Les hégémoniens se distinguent par leurs tenues martiales, hautes en couleurs et en décorations diverses. Les coralliens préfèrent les robes amples, décorées d’éclats de corail. Les matières nobles, comme la soie marine, les parfums, obtenus à partir de plantes aquatiques, ou les bijoux, perles et diamants, ne sont portées que par les gens riches.

Hygiène, maladies et espérance de vie
L’hygiène est une question de survie dans les cités sous-marines. Dans un endroit clos, un virus est véritablement catastrophique pour une communauté. Les gens sont donc propres car ne pas l’être est un crime. Les services de l’hygiène sont puissants dans tous les états et s’assurent non seulement qu’une personne reste propre, mais contrôlent aussi fréquemment la population, pour détecter toute trace d’infection. Heureusement, les épidémies sont plutôt rares sous les mers. Le seul problème, c’est que les virus artificiels, eux, ne le sont pas. Il est arrivé plusieurs fois que des communautés entières soient purement et simplement anéanties en raison d’une contamination quelconque.

Le cas d’Équinoxe est révélateur. Un observateur attentif remarquera que la ville est découpée en plusieurs zones, qui peuvent être isolées les unes des autres. Outre le fait que ces dispositifs sont essentiellement prévus pour isoler une zone inondée, on s’en est servi une fois dans l’histoire de la cité pour “ nettoyer ” un quartier et tous ses habitants. La zone fut entièrement incendiée parce qu’on y avait découvert les traces d’un virus particulièrement dangereux.

Les notions d’hygiène sont enseignées très tôt aux enfants et toutes les communautés mettent à la disposition de la population des douches publiques ainsi que des points d’eau. L’eau utilisée dans ce cas n’est pas potable. Elle est spécialement traitée pour lutter activement contre toutes les infections. Enfin, signalons qu’un individu a toujours le droit, et, ce, gratuitement, de consulter les conseillers des services d’hygiène s’il se sent malade. Une telle démarche est, bien entendu, à ses risques et périls dans le cas où on le découvrirait porteur d’une quelconque maladie inconnue.

Il est à noter que de nombreuses stations se sont équipées de systèmes révolutionnaires de détection des bactéries et virus. Ces systèmes sont déployés sur les points de passage et changent de couleur s’ils repèrent une bactérie ou un virus dangereux.

Malgré une existence des plus rudes, l’espérance de vie des habitants des profondeurs est paradoxalement assez élevée. Si on ne tient pas compte des morts violentes, un homme peut espérer vivre jusqu’à 74 ans et une femme jusqu’à 82 ans.

Histoire et culture
L’histoire et la culture du monde sont très, très mal connues des habitants des profondeurs. On considère ces sciences comme réservées à certains érudits. Ces gens, qui maîtrisent l’histoire récente et la géographie, peuvent être consultés par la population, mais leurs services sont assez onéreux.

Tout ce qui concerne ce qui s’est passé avant l’année 0 est presque totalement ignoré de tous. Quant aux années précédant les grandes catastrophes, qui ont forcé l’humanité à se réfugier sous les mers, on n’en connaît que ce que l’on trouve encore dans certaines ruines de cette civilisation. Les chercheurs les plus compétents mélangent allègrement les périodes de l’histoire humaine et ont le plus grand mal à établir une chronologie précise ! Pour la plupart des gens, l’Histoire avant l’an 0 n’évoque presque rien ou seulement des légendes oubliées.

Les artistes sont extrêmement rares et n’intéressent que les classes dirigeantes. La République du Corail fait exception à cette règle.

Informations
Il n’existe pas de médias dans l’univers sous-marin. Il n’y a pas de journaux télévisés ou écrits. Au mieux, dans les plus grandes cités, les autorités se chargent elles-mêmes de l’information. Ces bulletins officiels ne concernent que la cité et parlent rarement de loisirs.

Les communautés sont totalement coupées du reste du monde et l’information vaut donc de l’or. C’est pour cette raison que les étrangers sont accueillis dans les stations avec cet étrange mélange d’appréhension et de curiosité. On a toujours peur qu’un visiteur soit un pirate ou un porteur de virus, mais ce qu’il a à dire est attendu par tous. Les visiteurs sont les seuls à pouvoir apporter des nouvelles du monde. Ce sont également les seuls qui permettent aux habitants d’une communauté de se changer les idées et, surtout, de transmettre à leur tour des informations.

Des gens, généralement des commerçants ambulants, se sont spécialisés dans l’échange d’informations. On les appelle les Conteurs ou les Visiteurs. Ils voyagent de station en station, en vendant leurs marchandises et en racontant leurs histoires. Ils ne monnayent jamais leurs informations mais les donnent. Généralement, les habitants d’une communauté récompensent de manière généreuse ces individus qui sont leur seul lien avec l’extérieur. Il est évident que ces histoires sont souvent romancées et assez éloignées de la vérité mais l’important est que le fond reste vrai et que les gens échappent un peu à leur quotidien et à leur solitude.

Légendes et superstitions
Les gens du fond des mers sont extrêmement superstitieux. Leur monde est peuplé de légendes et d’histoires étranges. La mer est un univers angoissant, ténébreux, où le danger est présent partout. Personne ne rit quand on évoque le spectre d’un marin disparu, une étrange lueur aperçue dans un abîme sans fond ou d’étranges signaux captés par les postes de détection. Presque tout le monde possède un porte-bonheur. Les dents de requin, la bannière sanglante, la légende du mousse fantôme, la cité engloutie de Ténéris… Toutes ces histoires, toutes ces superstitions font partie du quotidien des habitants du monde sous-marin.

Loi
La justice, sous les mers, est à la fois stricte, laxiste et expéditive. Elle est stricte dans certains domaines comme la pollution, le respect de l’indépendance d’une communauté, la fécondité et tout ce qui peut menacer directement la survie d’une installation. Ainsi, un saboteur ou un individu provoquant, même accidentellement, un incident grave pour le bon fonctionnement des cités, est immédiatement éliminé. Un crime perpétré contre une personne féconde, un enfant ou un scientifique est passible de l’exil à la surface et ce, quelle que soit la raison qui a poussé l’individu à agir de la sorte.

La loi est laxiste car elle ferme fréquemment les yeux sur les contrebandes, le piratage, certains assassinats de personnes non rentables, enfin, tout ce qui ne met pas en péril l’équilibre d’une communauté.

La loi est expéditive car on ne s’encombre que très rarement de prisons. Il en existe cependant quelques-unes où sont enfermés les cas douteux ou ceux qui sont condamnés aux travaux forcés (les voleurs et les anarchistes, généralement). Plus fréquemment, les criminels sont enrôlés dans des forces spéciales dont les missions sont généralement suicidaires. Ils peuvent être aussi tout bonnement exécutés ou exilés à la surface.

La loi, dans les secteurs indépendants, est l’affaire des Veilleurs. Ils ont toute autorité pour juger et exécuter les sentences dans toutes les mers du monde et dans n’importe quelle communauté. Les Veilleurs ne peuvent, par contre, pas agir dans les eaux territoriales d’une nation reconnue par l’O.E.S.M.

Mutants
Il y a trois catégories de mutants. Ceux dont les déformations sont évidentes sont généralement considérés comme les rebuts de l’humanité. Un enfant né mutant n’a qu’un seul espoir de s’en sortir, être fécond. Si ce n’est pas le cas, les seuls qui voudront de lui sont les forces spéciales de l’Hégémonie, les techno-hybrides, les pirates et la République du Corail. Il n’y a qu’à se rendre sur Équinoxe pour constater le triste destin de ces êtres. Ils traînent dans des ruelles isolées, n’ont accès qu’aux services d’hygiène qui leur sont réservés et, s’ils sont malencontreusement abattus par les Veilleurs ou par quelqu’un d’autre, tout le monde s’en fiche.

Les mutants dont les déformations sont soit invisibles, soit mineures, peuvent avoir une vie tout à fait normale. Cependant, certains développent des facultés mentales et une résistance physique qui intéressent au plus haut point les chercheurs en génétique. Quand de tels individus sont découverts, certains laboratoires n’hésitent pas à faire appel à des trafiquants pour les kidnapper.

La troisième catégorie de mutants est constituée des hybrides naturels et de ceux dotés du pouvoir d’utiliser la Force Polaris. Ces derniers sont convoités par le Culte du Trident. Les hybrides sont généralement admirés et enviés par la population. Ceux capables de manipuler le Polaris sont craints et redoutés s’ils ne portent pas d’inhibiteurs. Trop d’incidents dans le passé ont provoqué la mort de centaines d’innocents à cause d’un pouvoir incontrôlé.

Mode et loisirs
C’est au sein de la République du Corail que les loisirs sont le plus développés et que l’on peut véritablement parler de mode. En effet, on y utilise le corail pour la décoration, les vêtements et même pour produire de la musique. La République est le seul pays où il y ait encore des spectacles.

Inutile de chercher des postes de télévision, cela n’existe plus. Il n’y a aucune chaîne dans ce monde, aucune radio non plus d’ailleurs. Les loisirs sont les jeux d’argent, les bars où des hommes et femmes exhibent leurs charmes et la musique fabriquée par les ordinateurs (les chants des mammifères marins se font néanmoins de plus en plus présents).

Le water-ball est un sport prenant de plus en plus d’ampleur dans le monde sous-marin. Il se joue soit dans d’énormes aquastadiums (il n’en existe qu’un sur Équinoxe au niveau 1), soit dans l’océan. Les joueurs sont vêtus de combinaisons très légères et doivent marquer des points avec une balle-drone autopropulsée.
Les jeux de dés sont très populaires dans les bars. Introduits par les pirates, les dés viennent tout droit des bas-fonds des villes et, aujourd’hui, on peut voir certains diplomates se livrer des parties endiablées dans les quartiers des ambassades.

Les combats en arène aquatique sont normalement interdits mais on murmure que certains établissements en proposeraient à leurs clients. C’est un sport populaire en Hégémonie.

Dans le domaine du sport, un jeu très récent commence à intéresser beaucoup de monde, c’est le power-ball. Il se joue sur des terrains dont la structure peut se modifier en cours de partie. Les joueurs sont vêtus d’armures moléculaires et doivent marquer des points dans le camp adverse avec une balle d’acier extrêmement lourde. Ce jeu est particulièrement violent et nécessite un équipement hors de prix.

Les caissons d’hyper-respiration sont de plus en plus fréquents dans les établissements luxueux des cités. Ces caissons sont remplis d’un liquide suroxygéné qui permet de respirer librement tout en nageant. Ces caissons peuvent être publics (une sorte de grande piscine), ou privés (réservés à quelques personnes à la fois). Les sensations que l’on y éprouve sont véritablement fantastiques surtout si on ajoute au liquide de petites doses de narco-mélanges. Dans certains établissements, ces caissons sont utilisés pour accueillir des danseurs aquatiques.

Dans le domaine de l’art, les sculptures lumineuses dans l’eau sont très appréciées mais encore trop rares.

Politique et espionnage
La politique règne toujours en maîtresse absolue sur le destin des gens. Les Etats se livrent une lutte acharnée pour imposer leur vision de l’humanité. Depuis le Concile des Amiraux, les guerres sanglantes ont cessé, mais cela ne signifie pas pour autant que l’humanité est à l’abri d’un nouveau conflit généralisé. Pour l’instant, les Etats conspirent, manipulent, placent leurs pions. Ce qu’il en résultera, nul ne le sait. Ce qui est sûr, c’est que sans l’armée des Veilleurs et le Culte du Trident, cela ferait longtemps que l’O.E.S.M. aurait disparu.

L’espionnage est devenu une véritable institution. Des agents, il y en a partout, qui se livrent une guerre discrète, à la recherche de la moindre information, à l’affût du plus petit secret et surtout en quête des fameux dépôts des Généticiens et Azuréens.

Recherche génétique et pharmaceutique
Ces deux domaines de recherche sont certainement les plus importants pour les grandes nations et les sociétés. Pour les sociétés pharmaceutiques et de recherche génétique, la loi n’existe pas, tout ce qui compte ce sont les résultats. Généralement, les forces de sécurité ont pour instruction de ne jamais mettre de bâtons dans les roues de ces entreprises. Dans le domaine de la recherche, on ne s’embarrasse plus des cobayes et des périodes d’essai. On teste directement sur l’homme (que le sujet soit volontaire ou non) et dès que quelque chose à l’air de marcher, on l’applique rapidement au reste de la population.

Le génie génétique a fait des progrès énormes mais ses évolutions sont quelque peu anarchiques même si on assiste à de véritables percées dans des domaines très variés.

Religions
Les religions classiques ont presque totalement disparu du fond des mers. Celles que l’on avait pu connaître autrefois sont encore pratiquées par quelques communautés isolées qui ont découvert des reliques de l’ancien temps s’y rapportant.

Une majorité de la population se tourne vers le Culte du Trident et adore la Force Polaris. Ce n’est pas une religion très contraignante, il n’y a pas véritablement de lieux de culte à l’exception des vaisseaux monastères. Pour le Culte, le Polaris est une force qui a préservé l’humanité de l’anéantissement. C’est une énergie vivant dans chaque être et chaque chose et que l’homme est un jour appelé à maîtriser. Le divin se manifeste par cette énergie pour guider ceux qui en sont dignes vers un futur meilleur. C’est une religion qui s’oriente principalement vers l’homme et ses capacités. Ainsi, les prêtres du Trident passent leur temps à voyager, à aller à la rencontre des gens, pour sonder leurs capacités et pour tenter de les ouvrir à la Force Polaris. Ils sont bien accueillis absolument partout et même quelquefois dans les Royaumes Pirates.

Le culte des mammifères marins, comme les dauphins et les baleines, est assez fréquent. On trouve aussi des adorateurs du corail dans la République du même nom.

Virus de stérilité et dégénérescence génétique
Les survivants de l’humanité sont frappés depuis plusieurs siècles par un terrible virus qui rend stérile de plus en plus d’humains. L’origine du virus est inconnue et personne n’a pu y trouver un quelconque remède. Les effets du virus sont parfois détectables dès la naissance mais, le plus souvent, c’est au cours de la puberté qu’on sait si un individu sera stérile ou pas. Si aucune solution n’est trouvée, il est probable que l’humanité s’éteindra doucement en moins d’un millénaire. Il est donc normal que ce problème soit au cœur de toute société sous-marine. Les êtres féconds sont considérés comme des trésors et sont protégés en conséquence. Certains individus, notamment les femmes, cachent leur fécondité pour ne pas être déportés dans des camps de repeuplement ou écartés de toute activité. Ces gens finissent souvent en fugitifs traqués par les autorités ou les chasseurs de primes.

Autre incidence du virus sur la société, les Etats mettent tout en œuvre pour sauvegarder les vies. Un navire de guerre est nettement moins précieux que son équipage. Les croiseurs de combat sont donc tous équipés de modules de survie pour évacuer les équipages. Un commandant qui sacrifierait des hommes pour une défense héroïque, par exemple, serait considéré par la population comme un imbécile et un criminel et non comme un héros. Cela ne signifie pas que les guerres ne font pas de victimes. Bien au contraire, à maintes reprises l’Hégémonie a affirmé sa puissance en bombardant des colonies. Cela signifie simplement que l’on essaye, le plus possible, de sauvegarder la vie humaine. Il est plus rentable, à l’heure actuelle, de faire des prisonniers et de les réduire en esclavage que de massacrer des milliers de personnes.

Cette thèse est partagée par l’ensemble de la population. Les crimes sont également moins fréquents. Il est plus avantageux, lors d’un règlement de comptes, de neutraliser ses ennemis et de les revendre à un trafiquant. Mais ne vous y trompez pas, on trouve encore, sur Équinoxe, des malheureux assassinés par un voleur ou un tueur psychopathe. De temps en temps, des organisations criminelles font un exemple en faisant goûter à un adversaire la température de l’eau aux alentours d’Équinoxe et, ce, sans combinaison !

Un enfant, et surtout un bébé, est une chose sacrée et vénérée par toute la population. Seul un être abject oserait y toucher. Il serait alors impitoyablement traqué par l’ensemble de la communauté. Pour ces déviants, les tueurs ou les êtres véritablement improductifs, la sanction est pire que la mort : l’exil à la surface.
Enfin, la société considère la communauté scientifique comme le seul espoir qu’il reste à l’humanité. Les généticiens et les chercheurs en médecine sont donc véritablement révérés par la population. Ils sont libres de faire ce qu’ils veulent tant que cela sert l’avenir de l’homme. Non seulement ces chercheurs luttent contre le virus mais ils ont exploré de nouveaux domaines comme le clonage des embryons ou la manipulation génétique pour essayer d’augmenter le nombre d’enfants surdoués susceptibles d’apporter peut-être un jour un remède.

La dégénérescence génétique est apparue au début du deuxième siècle, sensiblement en même temps que le virus. Elle frappe une grande partie de la population et se manifeste par diverses difformités et, quelquefois, par de véritables dons. La dégénérescence et le virus n’ont rien de commun. Un mutant peut parfaitement être fécond. Ce phénomène est plus connu que le virus. On sait qu’il a été provoqué en grande partie par les manipulations génétiques des 2ème et 3ème siècles visant à trouver un remède à l’épidémie de stérilité.

Visibilité et lumière
La visibilité a posé d’importants problèmes aux premiers colons. L’univers des abysses est sombre. Les couleurs disparaissent en dessous de 30 mètres et la lumière en dessous de 500 mètres. Au-delà de cette limite, c’est le domaine des ténèbres que seule la technologie humaine peut faire reculer. Toutes les cités et les bases sous-marines sont nimbées d’un éclat bleuté, généré par de puissants champs d’énergie qui créent cette lumière en agitant certaines molécules présentes dans l’eau. Ces champs d’énergie peuvent être installés sur n’importe quel type d’appareil. On les place le plus souvent sur des navires touristiques. Leur zone d’effet est toutefois assez limitée et la lumière disparaît à 200 mètres de la cité environ.

Les projecteurs plus conventionnels qui équipent bon nombre de navires ont une portée comprise entre 100 et 300 mètres. De nombreuses installations « agricoles » sont équipées de véritables rampes et murs de lumière. On peut aussi signaler les éclairages « naturels » produits pas les élevages massifs de certaines plantes et de certains poissons. La lumière ainsi obtenue est blanche.

Vie dans les stations
Quelle est la vie quotidienne d’un individu moyen dans une communauté ? C’est une vie de travail et de routine. Il n’y a pas de retraite dans cette civilisation, pas de droits sociaux. Une personne est productive ou ne l’est pas. Pour celui qui n’a pas choisi l’aventure, la vie est dure. On ne construit pas un futur, on survit jour après jour. C’est pour cette raison que de nombreux travailleurs du fond des mers utilisent de multiples drogues qui leur font oublier les rigueurs de la vie. Les drogues font des ravages dans les stations minières et dans celles qui produisent de l’énergie. Les États ont toujours tenté d’enrayer ce mal, mais sans trop de conviction.

Contrairement à celle des cités, la population des petites stations sous-marines bénéficie d’un peu plus d’espace et il est fréquent que chaque membre ait une cabine privée, même si celle-ci est assez exiguë. Ils sont plus heureux car plus solidaires et responsables que dans les grandes villes. Mais il ne faut pas oublier non plus qu’ils sont les proies favorites des pirates.

Les plus heureux sont certainement ceux qui s’occupent d’élevages sous-marins et les hydroagriculteurs. Même si le travail semble aussi dur que dans les autres activités, les gens sont plus détendus. C’est notamment flagrant chez les éleveurs de dauphins, qui entretiennent avec ces animaux des relations toutes particulières.

Les nuits et les jours sont soit totalement ignorés, soit, dans la plupart des stations, rythmés par les repas et les tours de service. En règle générale, un individu dort de six à huit heures par jour et travaille de huit à dix heures. Le manque de lumière solaire est un véritable problème qu’il a fallu prendre en compte pour éviter une déprime généralisée de la population. Les stations sont donc, le plus souvent, éclairée avec des lumières spéciales et très fortes.
On se soucie aussi d’aménager des espaces de détente avec de la végétation artificielle ou naturelle, des ambiances sonores agréables, de faux animaux et même, dans certains cas, des petits animaux élevés en laboratoire.

Vie dans les cités
Les conditions de vie dans les cités sont légèrement différentes de celles des stations. Tout d’abord, ce sont des lieux de rencontre entre les membres des différentes communautés. On y vient acheter, vendre, négocier et quelquefois se détendre. Ce sont donc des endroits toujours noirs de monde, où règne en permanence une activité débordante. Équinoxe est une véritable ruche, à l’instar de toutes les capitales du monde sous-marin. Les bars sont le rendez-vous de tous les travailleurs de la mer. On y échange nouvelles et rumeurs, on y retrouve des collègues et on y boit beaucoup. En général, les plus grands centres d’élevage et d’hydroculture sont installés aux alentours des cités. On les remarque immédiatement en arrivant aux abords d’une ville.

Les centres d’hydroculture s’étendent sur d’énormes superficies, vivement éclairés par des centaines de pylônes diffusant une lumière bleutée. Les cultures basées sur la vie végétale sous-marine ne sont pas protégées, on y laisse proliférer des myriades de poissons multicolores. Ce sont les endroits les plus merveilleux que l’on puisse trouver dans l’océan. Si la ville est suffisamment proche de la surface, les champs sont de véritables oasis de couleur et de vie. Ce type de culture est particulièrement développé dans la République du Corail. Là-bas, nombreux sont ceux qui sont tombés sous le charme de ces décors prodigieux.
Les cultures de plantes terrestres sont développées sous d’immenses dômes de verre moléculaire. On tente d’y reproduire des conditions de vie terrestre acceptables pour le développement des cultures. En conséquence, les dômes sont illuminés a giorno et on peut voir s’ébattre aux alentours des milliers de poissons attirés par leur clarté.

Les centres d’élevage sont généralement en “ eau libre ” et installés sur des zones d’hydroculture. Ils sont délimités par des générateurs de champs sonores qui émettent un signal empêchant une certaine catégorie de poissons de quitter un secteur défini. Pour les élevages intensifs, on construit généralement des sortes de centres de reproduction, à proximité des champs. Ces centres sont constitués de structures de verre où sont placées les femelles au moment de la ponte. Leurs œufs sont ainsi protégés des prédateurs marins. Les femelles peuvent aussi être fécondées artificiellement, manipulées génétiquement, pour augmenter leurs portées, etc.

Dans les villes, c’est généralement devant les grandes baies vitrées donnant sur les centres de culture que beaucoup de gens se réunissent pour admirer ces merveilles.

Les nuits, dans la plupart des grandes cités, sont symbolisées par une baisse de l’éclairage. Sur Équinoxe, il n’y a aucune différence entre le jour et la nuit et l’activité est toujours la même, quelle que soit l’heure. La capitale de la République du Corail étant plus proche de la surface, ses jours et ses nuits sont rythmés naturellement.

Vie sous-marine

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